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Ingérences étrangères : La Tunisie victime de sa position géostratégique


Durant au moins un demi-siècle après l’indépendance, la Tunisie a su préserver sa dignité en tant qu’Etat souverain et digne de tous les égards. A travers une diplomatie posée et prudente, elle a pu forcer le respect de tous les pays du monde. Malheureusement, on assiste avec stupeur aux assauts répétés de certaines puissances étrangères qui veulent nous imposer une ligne de conduite, nous obliger à nous plier à leurs diktats et à appliquer leurs directives. Ils sont aidés en cela par leurs agents de l’intérieur qui déblayent le terrain devant eux et leur ouvrent les bras

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la Tunisie a toujours été un allié de l’Occident. Et c’est, justement, cet Occident-là qui la place dans son viseur. Il est vrai que depuis une année certaines données ont changé et que de nouvelles orientations de nos relations extérieures sont en train de subir des changements. C’est ce que craignent ces puissances. Elles ne veulent pas que la Tunisie quitte leur giron et rejoigne de nouveaux axes. La course que se livrent les pays émergents comme la Chine ou la Russie sur le continent africain et sa réticence devant la normalisation avec l’Etat hébreu expliquent la réaction violente des Etats-Unis contre notre pays.

Les collabos

Ce qui est plus étonnant, c’est de voir des parties tunisiennes faciliter la tâche à ce travail d’ingérence. L’opposition tunisienne et d’autres détracteurs de la politique tunisienne font appel de façon ouverte à des organisations étrangères et à des pays occidentaux ou autres pour les aider à revenir aux commandes de l’Etat. Ils sont prêts à collaborer et à fournir toute l’aide possible pour parvenir à leurs fins. Ils ne se soucient nullement de notre indépendance et de notre dignité. Rien ne compte devant leurs ambitions personnelles ou celles de leurs partis. D’ailleurs, beaucoup d’entre eux ont été hébergés dans ces pays lors de leur “exil”. Ils ont été accueillis pendant des années aux frais de la princesse. On les retrouve aujourd’hui évincés du pouvoir alors qu’ils avaient été placés, depuis 2011, à sa tête. Ceux qui leur ont accordé l’asile avant cette date attendent la reconnaissance et le paiement de la dette de leur «hospitalité» car ils ne leur ont pas ouvert les portes de l’asile pour leurs beaux yeux. Ils ont leur agenda. Cette politique est utilisée avec tous les opposants dans les pays comme le nôtre. On accepte tous ceux qui sont opposés aux pouvoirs de leurs pays pour les instrumentaliser le moment venu. C’est ce qui se passe partout dans les pays du Tiers-monde. On trouve des personnes sans scrupule et sans conscience pour se retourner contre leur propre pays.

Que l’on regarde bien. Le premier président provisoire non élu au suffrage universel est rentré de l’étranger après les troubles de 2010-2011. Il avait l’assurance d’être mis à la tête du pays. D’autres “hauts” responsables durant la décennie noire sont des revenants de l’étranger (Grande-Bretagne, France, Allemagne, pays du Golfe …). Par un tour de passe-passe d’un jeu “démocratique” comme on en voit dans tous les pays sous influence, ils ont pu jouir des pleins pouvoirs et ouvrir les portes devant leurs anciens protecteurs. Ainsi, ils se servent et servent leurs maîtres. Il ne faut pas s’étonner de constater que bon nombre de ces personnes possèdent, bizarrement, la double nationalité et deux passeports. Ils sont, souvent, mariés à des ressortissantes du pays où ils avaient passé leur “exil”. On comprend, alors, l’attachement ancillaire qu’ils continuent de garder.

Francophonie et Ticad 8 : les cibles

Mais comme les données ont changé, leurs intérêts sont de plus en plus menacés. Aussi se retournent-ils vers leurs “amis” d’ici et d’ailleurs pour les aider à se replacer pour mieux les servir et leur manifester leur gratitude. Le tout aux dépens du peuple et de l’intérêt national dont ils font fi.

Rien ne les rebute. Tous les moyens sont bons pourvu qu’ils contribuent à les rapprocher de leurs objectifs et de ceux qui sont derrière eux. Donc, ils n’hésitent pas à utiliser leurs relations et leurs accointances pour dénigrer le pays et le présenter sous son plus mauvais jour.

Les médias étrangers accourent pour reprendre leurs thèses et déformer les réalités. Alors, ils se sentent pousser des ailes et vont de l’avant dans leur travail de sape, rejetant toutes les valeurs, en vouant une fidélité aveugle à ceux qui ne cherchent qu’à nuire au pays. Ne sentent-ils pas qu’ils se trompent lorsqu’ils demandent une aide étrangère contre leur propre pays ? N’ont-ils pas honte de s’adresser à la justice de pays étrangers pour résoudre des questions relevant de notre propre justice ? S’ils n’ont confiance dans aucune des institutions de leur pays, comment veulent-ils que le peuple tunisien ait confiance en eux. 

Cela étant, il ne faut pas sous-estimer la dimension géopolitique. En d’autres termes, il est important d’accorder l’intérêt qu’il faut à la lutte d’influence que mènent ce qu’on appelle les «grandes puissances». Les Européens et les Américains cherchent à maintenir la pression forte sur la région du Maghreb face aux grandes avancées russes et chinoises. La future «puissance» algérienne les inquiète beaucoup, particulièrement lorsqu’ils voient que ce pays stratégique a déjà fait ses choix en se rapprochant des adversaires et ennemis jurés de l’Occident, à savoir la Chine et la Russie. On cherche, alors, à freiner les ambitions de ce pays nord-africain et l’empêcher de devenir un jour une force qui compte. La normalisation avec Israël est l’un de leurs atouts. Sur son flanc gauche, cette normalisation est effective avec le Maroc. La Tunisie est réticente. Mais on ne veut pas lâcher la pression. 

En maintenant toute notre région dans ce climat de forte pression, les pays occidentaux peuvent dicter leurs ordres, réaliser et pérenniser leur domination. Le scénario libyen les aide beaucoup dans leur entreprise. Il serait bien de l’étendre à d’autres pays, voire à toute la zone. D’où cette campagne violente et ces attaques sur tous les fronts contre notre pays. On veut l’obliger à se soumettre à ces impératifs régionaux ou lui créer une instabilité économique, sociale et politique. On en a la preuve actuellement. Les rapports entre les deux présidents algérien et tunisien ne font que les encourager à augmenter la pression et à manipuler les agents de l’intérieur pour provoquer le plus de troubles possibles. 

Ces agents ne se font pas prier. Tout est mis à leur disposition (les médias occidentaux et ceux des pays qui les soutiennent, les fonds, les lobbies politiques …). 

L’année dernière-ils sont parvenus à annuler la tenue du sommet de la Francophonie. Ce sommet devrait, toutefois, se tenir en novembre prochain. Mais ils persistent encore et cherchent, par tous les moyens, à ce qu’il n’ait pas lieu. D’autres actions sont menées en sourdine. Un autre sommet (Tokyo International Conference on African Development -Ticad 8) est prévu dans les tout prochains jours (27 et 28 août) devient leur cible préférée. Ils aimeraient bien le voir échouer et ils y travaillent. 

C’est pourquoi on voit que les ennemis politiques d’hier sont devenus des amis et ont constitué ce qu’ils appellent un front pour “sauver” le pays d’on ne sait quoi. Hallucinant ! N’étaient-ils pas au pouvoir pendant ces longues années ? Qu’ont-ils fait ? Qui pourrait les croire, aujourd’hui ? Leurs intentions sont claires. Ils se trahissent par leurs discours fallacieux et leurs promesses. Le peuple n’est pas dupe. Ce sont eux qui se fourrent le doigt dans l’œil en pensant qu’ils pourraient un jour revenir au pouvoir selon les règles vraiment démocratiques et non par des montages politiques soufflés de l’étranger.

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