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Importation de véhicules : le ministère du Commerce dément celui de l'Economie !


 

Bien que la Tunisie ne dispose pas d’un transport public développé et que la majorité des Tunisiens sont obligés d’acquérir des véhicules pour leur déplacement, la problématique d’import de véhicules neufs est souvent remise sur le tapis, sous couvert des problèmes des finances publiques. On fait toutefois l’impasse sur le fait que les véhicules sont la vache laitière du gouvernement qui alimente les recettes de l’Etat, car exception faite des voitures populaires, pour une petite cylindrée, un citoyen doit payer environ la moitié de son prix en divers droits et taxes.

Ainsi, la veille, lundi 31 octobre 2022, le ministre de l’Economie et de la Planification, Samir Saïed, a affirmé sur la chaîne publique Watania qu’« on ne peut plus importer cette quantité importante de véhicules, qui représente une hémorragie pour l’économie tunisienne, de l’épargne, des réserves en devises » et qu’« il faut développer le transport public, notamment via la délégation de services publiques qui a permis au secteur privé d’assurer les dessertes sur certaines lignes ».

 

 

Intervenant au micro d’Elyes Gharbi lors de son passage à l’émission Midi Show, le président de la Chambre syndicale des concessionnaires et constructeurs automobiles ainsi que directeur général d’Ennakl Automobiles Ibrahim Debache n’a pas voulu commenter ces propos.

Et d’indiquer : « Nous avons d’excellentes relations avec le ministre de l’Economie et nous sommes en contact direct avec lui, car le secteur de l’automobile n’est pas que de l’importation mais également de l’exportation via l’export des composants automobiles ».

Cela dit, M. Debache a spécifié que la chambre a contacté le ministère du Commerce, qui est leur ministère de tutelle, qui leur a affirmait l’inexistence d’une telle décision d’interdiction ou de réduction d’importation de véhicules.

 

Le président de la Chambre syndicale des concessionnaires et constructeurs automobiles a également profité de l’occasion pour revenir sur la valeur de ce secteur.

Côté concessionnaire, donc import, le secteur emploie plus de 28.000 personnes. Et de rappeler que l’import de véhicules est soumis à des restrictions et des quotas. Alors que la demande annuelle est de plus de 80.000 véhicules par an, les véhicules importés n’ont pas dépassés ces dernières années les 45.000 unités (notamment à cause de la pandémie et de la crise des semi-conducteurs, ndlr).

Ibrahim Debache a précisé que depuis trente ans la Tunisie a œuvré à installer une industrie de composants automobiles grâce à l’offset ou à la compensation industrielle (une forme de contrats qui permet à l’acheteur d’exiger en contrepartie d’une commande des contreparties économiques). Et, c’était une coopération win-win.

Côté export, le secteur emploie aujourd’hui plus de 85.000 et participe à la stimulation de l’économie notamment via l’implantation de nouvelles usines et unités industrielles. Il draine annuellement environ huit milliards de dinars, ce qui est largement supérieur aux coûts des importations.

 

Autre chose importante, pour lui, l’imposition de restrictions d’importation pourrait avoir des conséquences néfastes sur cette industrie en Tunisie.

En outre, il a souligné que le développement du transport privé n’est pas en contradiction avec le développement du transport public.

M. Debache a, aussi, tenu à rappeler que le parc automobile tunisien est de plus en plus vieillissant : sur les 2,5 millions de véhicules le composant, plus de la moitié à plus de dix ans, dont plus de la moitié à plus de quinze ans, ce qui a un impact sur l’environnement et sur l’usage de pièces de détachés.

 

I.N

 

 


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