Economie tunisie

Hausse des prix de l’alimentation animale : les rentiers rejettent toute responsabilité

Compte tenu de la situation difficile que traverse le secteur de la production animale impactant d’une manière notable l’industrie de l’alimentation animale et l’approvisionnement en matières premières, la chambre nationale des fabricants d’aliments pour animaux et des importateurs de matières premières a tenu aujourd’hui vendredi 26 novembre 2021 à apporter quelques données et précisions.

Les aliments composés fabriqués en Tunisie dépendent principalement de l’importation au vu de l’absence de matières alternatives produites en Tunisie, notamment pour la filière avicole, assure la chambre et ce, pour plusieurs raisons relatives notamment au fait que les prix des matières premières importées qui sont soumises aux aléas des marchés mondiaux, ont connu de multiples hausses ces dernières années en raison de facteurs multiples, dont la dévaluation du dinar et l’augmentation de la demande mondiale pour ces matières, notamment après la pandémie Covid-19.

La chambre note par exemple, qu’entre juin 2020 et octobre 2021, les matières premières ont connu des augmentations conséquentes qui s’élevaient en l’occurrence à 70% pour le maïs fourrager et à 40% pour les tourteaux de soja.

En outre, les marchés mondiaux ont connu une pénurie de certaines matières de base et une augmentation sans précédent des prix des matières alternatives, facteurs qui ont conduit à une augmentation des prix des aliments composés sans parler des coûts du transport, de l’énergie et autres, affirme-t-on.

Il est connu de tous, d’après la chambre nationale des fabricants d’aliments pour animaux et des importateurs de matières premières, qu’en particulier, des professionnels du secteur agissent en fonction des dysfonctionnements de la situation économique mondiale surtout après la pandémie Covid-19 qui a changé les orientations et les stratégies alimentaires des gouvernements et des populations, ce qui a affecté le volume des échanges commerciaux sur les marchés mondiaux.

Par patriotisme et étant donné que cette situation affecte inévitablement la subsistance quotidienne du citoyen tunisien compte tenu de la hausse des prix des produits d’origine animale tels que la viande de volaille, les œufs, la viande rouge et les produits laitiers, et grâce à la bonne réputation de tous les partenaires avec les fournisseurs mondiaux, les fabricants d’aliments pour animaux et les importateurs de matières premières annoncent qu’ils recherchent à limiter les effets des augmentations en rassemblant les commandes et en accélérant l’approvisionnement.

Face à cette situation, la Chambre nationale des fabricants d’aliments et des importateurs de matières premières, exprime sa profonde préoccupation pour la situation du secteur de production animale et souhaite éclairer l’opinion publique et les professionnels sur ses programmes de développement en collaboration avec les structures de recherche scientifique pour réaliser des résultats tangibles sur terrain, ce qui s’est traduit par le développement de moyens de compensation de certaines matières par des produits locaux, ce qui représente une des solutions radicales pour faire face aux augmentations successives des matières premières.

La Chambre salut les décisions de tous les services concernés dans la détermination de la marge bénéficiaire de la revente des matières premières. Elle remercie également tous les fabricants et fournisseurs d’aliments pour animaux qui ont supporté une partie des coûts des œufs de consommation en vendant des aliments composés à un prix inférieur aux coûts de production.

Toutefois, le Syndicat des Agriculteurs de Tunisie (SYNAGRI) a dénoncé, à maintes reprises, les augmentations successives et excessives des prix des aliments composés pour animaux (mélanges alimentaires) destinés aux bovins, ovins et les volailles. Le syndicat a fait savoir, sans cesse, que les augmentations sont devenues quasi mensuelles, « aléatoires » et « récurrentes » au point d’exposer le secteur à la faillite.

Le SYNAGRI considère ce qui se passe comme une « destruction organisée » du secteur de l’élevage en Tunisie et de la sécurité alimentaire du pays ce qui causera, certainement, selon lui et dans une courte période la « disparition » d’environ 100 mille petits et moyens éleveurs des différentes filières du secteur.

D’ailleurs un appel a été lancé, à cet effet, par le syndicat aux agriculteurs à ne plus investir dans le secteur tant que l’Etat ne prend pas des mesures pour le régulariser. Par ailleurs, plusieurs observateurs et spécialistes du domaine n’ont cessé d’alerter quant à la dangerosité de l’accaparation par 12 sociétés dont 7 appartenant à un « grand groupe » de 80% des importations des aliments composés pour animaux.

Ces sociétés maîtrisent au fait non seulement le marché de l’importation mais aussi la production de viandes à travers ses filiales. Elles sont ainsi dans une situation de monopole en amont et en aval du secteur, dans son ensemble. Les agriculteurs et notamment « les petits » sont devenus de simples sous-traitants chez eux…


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