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Hand | Petite prestation du sept tunisien : Le miracle n’a pas eu lieu !

 

Le… miracle n’a pas eu lieu et c’est tant mieux, car les miracles ne se produisent que pour ceux qui y croient

Au terme de cette dernière rencontre disputée contre le Danemark, une séquence nous a renvoyés au Mondial 2005 : La Tunisie s’est classée quatrième et le Danemark …13e ! L’entraîneur adjoint (sacré meilleur arrière gauche ) a eu la chance, ou la malchance, de vivre dans son âme et sa chair le souvenir de cette époque de grandeur du handball tunisien et cette sortie scandaleuse d’un sept qui semble s’être retrouvé en 2023, par hasard, dans ce «Mondial complètement raté. Le… miracle n’a pas eu lieu et c’est tant mieux, car les miracles ne se produisent que pour ceux qui y croient. Le travail, l’initiative, le courage de surmonter les obstacles sont la clef de la réussite. Le reste, ce sont des fadaises dans un monde du sport qui ne souffre pas la faiblesse, exige des moyens, ne pardonne pas les passages à vide, car les places à l’international sont de plus en plus chères. Ceux qui ont toujours cru en ce handball tunisien (qui a acquis à la force des poignets de ses dignes représentants un prestige incroyable) sont certes déçus par cette sortie peu honorable, sont même certains que l’on s’en sortira. Mais il y a des conditions pour digérer cette claque retentissante et revenir au premier plan !

Le handball tunisien, profondément ancré dans le l’ADN des jeunes Tunisiens et Tunisiennes, a été le creuset dans lequel se sont formés les pionniers de nombreux pays africains lors de leur passage à l’Inseps. Il a fourni et mis en place le noyau qui s’est développé et fait de l’équipe du Qatar ce qu’elle est actuellement. Il a été à la base de l’expansion de ce sport dans presque tous les pays du Golfe et a «exporté» un grand nombre de joueurs en Europe pour évoluer à un très haut niveau. Il était considéré, à juste raison, comme la discipline   la plus représentative des sports collectifs tunisiens. Que reste –t-il de tout cela ? Presque rien.

A fait frémir de honte

A la veille du départ, un souffle de mauvais augure a fait frémir de honte ceux qui ont vécu les temps de gloire de ce sport en apprenant que les comptes de la Fthb ont été saisis par ordre de justice. Les raisons importent peu et ne nous regardent qu’à travers un seul aspect : un sport aussi représentatif, ciblé, reconnu internationalement n’a pas le droit de tomber aussi bas.

Et là, peu importe les noms de ceux qui l’ont dirigé ou qui le dirigent et qui ont hérité cette situation peu glorieuse.

Le ministère de la Jeunesse et des Sports était-il au courant que le handball est à bout de souffle financièrement ? Sinon, c’est un tort et un grave manquement. Si c’est oui, il ne fallait absolument pas le laisser tomber dans le précipice de l’insolvabilité et lui tendre la main, surtout à la veille d’un Mondial.

Le handball n’a pas la chance de pouvoir compter sur ses propres moyens comme c’est le cas du football ou du basketball, par exemple, et ses  rentrées demeurent limitées en comparaison avec ce qui se passe ailleurs. En attendant qu’il puisse atteindre cette «autosuffisance», il faut absolument l’aider. A moins de vouloir se contenter dorénavant d’une simple figuration sur le plan international.

De toutes les façons, ce n’est nullement le moment de dresser le bilan de nos rouages directeurs en matière sportive. L’arbitrage de ces luttes intestines et de ces coups bas, qui font les manchettes et animent les plateaux, sont du ressort de ceux qui veillent sur ce sport, mais l’asphyxie, dont est victime ce secteur presque le seul troisième milieu de notre jeunesse, est inacceptable. Quelles que soient les raisons. Toutes ces données propres à la situation, que vit le handball, n’ont rien à voir avec les résultats enregistrés en ce Mondial complètement raté. L’équipe choisie pour cette mission était bonne et possédait les moyens de faire bonne figure. C’est au niveau de sa préparation que tout a foiré. On s’est trompé d’objectif et le sept national n’a pu s’exprimer pleinement, trahi par les mauvais choix de son encadrement.

Des bastions sont tombés

Mais… Il fallait insister sur cet aspect ambiant et sans doute soulever l’organisation de notre handball d’une façon générale. Une discipline qui a perdu au fil des ans des bastions forts, tels que Hammam-Lif, Nabeul, Hammamet, Mahdia, Sousse, Kairouan, Sfax, etc. D’autres équipes  sont certes venues les remplacer, mais le désintéressement et surtout l’impossibilité de se maintenir à haut niveau, éprouvées par les équipes représentatives de ces citadelles, jadis incontournables, posent bien des questions.  D’autres risquent aussi un jour de se mettre en veilleuse, faute de moyens, de dirigeants, de lieux d’entraînement ou autres contraintes imposées ou provoquées. La Fédération, elle-même à court de moyens, ne peut tout faire. Ce sont des choix souverains qui dépendent de ceux qui tracent le futur de notre sport.

Par contre, ne pas soulever le cas des mauvaises options prises au niveau de l’organisation des compétitions, qui ont débouché sur des championnats à propos desquels on entend plus parler des incidents et des problèmes marginaux que des prouesses des joueurs et des équipes, serait vouloir se détourner des causes profondes de ce début de chute en enfer d’un sport ciblé, supposé pouvoir disposer des moyens nécessaires à son expansion.

Entre antagonismes et discordes

L’impact a été immédiat et cette ferveur, qui donnait aux compétitions leur aura et leur éclat, s’est estompé inéluctablement pour déboucher sur une étrange lassitude. Le handball,  entré dans une période agitée où  antagonismes et discordes prennent le pas sur la passion, n’intéresse plus grand monde. Et l’on s’est mis à craindre la présence du  public, alors que l’on jouait à guichets fermés pour des titres qui se disputaient jusqu’à la dernière journée. Moralité de ce qui a précédé : la situation mérite une analyse profonde, sincère et honnête, des dispositions réalistes et fonctionnelles, des moyens conséquents et non des miettes de fond de tiroirs et un encadrement compétent renforcé, à même d’entraîner dans son sillage les joueurs de cette nouvelle génération qui a de l’étoffe. En attendant le prochain Mondial qui aura lieu dans trois pays : Croatie, Danemark et Norvège en 2025.

crédit photo : © Mokhtar HMIMA

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