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Exclusif | Note dissimulée de la CIA sur l’assassinat de Brahmi : Les services spécialisés étaient déjà informés !

 

La note de la CIA n’ajoutait rien aux informations détenues par son homologue tunisien. Il s’agissait juste d’une confirmation, d’un recoupement d’un renseignement. Rien de plus.

Nouveau rebondissement concernant l’assassinat de Mohamed Brahmi suite à l’instruction ordonnée par la chambre pénale près le pôle antiterroriste sur les personnes suspectées d’avoir dissimulé un document provenant d’un service d’intelligence étranger, en l’occurrence la CIA, selon l’annonce faite par l’avocate et membre du comité de défense des martyrs Belaïd et Brahmi, Imen Gzara.

Le comité de défense ne lâche pas du lest

En novembre 2017, le comité de défense des deux martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi avait, rappelonsle, porté plainte contre Ali Laârayedh et Lotfi Ben Jeddou, les tenant pour responsables de l’assassinat de Mohamed Brahmi. Dans sa plainte, le comité de défense avait souligné que ces deux anciens responsables avaient été avertis du plan d’assassinat et que les preuves attestant de la véracité de cette version avaient disparu du dossier d’instruction. Les preuves sont liées en effet à ce document classé top secret et qui faisait état d’un possible assassinat ciblant Mohamed Brahmi.
La défense des deux martyrs avait exigé à plusieurs reprises l’audition d’Ali Laârayedh et Lotfi Ben Jeddou et d’autres responsables de la sécurité suspectés d’avoir dissimulé le document en question. Le juge d’instruction du 13e bureau près le tribunal de première instance avait auditionné «pour information», le 2 juin 2015, l’ancien ministre de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou. En 2013, Ali Laârayedh, alors chef du gouvernement, avait refusé de répondre aux convocations du juge concernant cette affaire.
Les auditions en question n’ont pas apporté de nouveaux éléments susceptibles de dévoiler les commanditaires de l’assassinat, mais le comité de défense des deux martyrs a toujours mis le juge Bechir Akremi sur le banc des accusés dans les assassinats politiques et dans l’affaire de l’appareil secret du parti Ennahdha.
Dans une déclaration à une radio privée qui remonte au mois de novembre 2021, Lazhar Akremi, avocat et homme politique, avait accusé Ali Laârayedh d’être impliqué dans l’assassinat de Brahmi. Par la même occasion, il avait accusé un ancien directeur général des services spécialisés au sein du ministère de l’Intérieur d’avoir dissimulé le document de renseignement américain informant la partie tunisienne de l’assassinat de Mohamed Brahmi.
Le député et ancien secrétaire général du Mouvement Echaâb, Mohamed Brahmi, a, rappelons-le, été froidement assassiné devant son domicile le 25 juillet 2013, soit six mois environ après l’assassinat du dirigeant d’Al Watad, Chokri Belaïd. Mohamed Brahmi a été atteint de 14 balles.
Dans le cadre de la coopération entre les services d’intelligence, la CIA a communiqué en juillet 2013 des informations à la partie tunisienne concernant un éventuel assassinat ciblant Mohamed Brahmi. Le ministère de l’Intérieur avait pleinement le temps de se préparer et éviter cet assassinat, mais en raison de la situation qui prévalait au MI et les nominations «politisées» et non étudiées de certains hauts responsables à la tête de directions hautement sensibles, Brahmi a été lâchement assassiné quelques mois après Belaid. Comble de l’ironie, aucun dispositif sécuritaire discret ou dissuasif n’a été prévu devant le domicile de Brahmi à la cité El-Ghazela relevant du gouvernorat de l’Ariana.
Les unités sécuritaires relevant des services spécialisés, qui ont perdu de leur efficacité durant les premières années qui ont suivi la révolution sous le coup de récupération politique de certains hauts cadres et la révocation des plus compétents, n’avaient rien vu venir en dépit des notes écrites adressées, à temps il faut bien le préciser, par la Direction de la sécurité extérieure (DSE) aux différentes parties sécuritaires concernées, dont la direction de la lutte contre le terrorisme, comme en témoignent des notes fuitées et publiées par les médias.
L’assassinat a eu lieu que ce soit en raison d’un dilettantisme flagrant de certaines unités sécuritaires ou pour une autre raison qui échappe actuellement à la justice. Mais, pour ce qui est de la note de la CIA qui a fait couler beaucoup d’encre, des protocoles d’accord entre les différents services d’intelligence et de renseignement interdisent sa publication. Son utilisation à des fins judiciaires est soumise à des conditions bien strictes.
Toutefois, les services sécuritaires relevant du MI disposaient, semble-t-il, à cette époque de notes internes concernant des menaces d’assassinat ciblant plus d’une dizaine de dirigeants politiques qui déstabilisaient par leurs positions et déclarations les parties islamiste et takfiriste qui avaient le vent en poupe de 2011 à 2013. Tout compte fait, ils auraient pu éviter l’assassinat de Brahmi.
La note de la CIA n’ajoutait pas beaucoup de choses aux informations détenues par son homologue tunisien. Il s’agissait juste d’une confirmation, d’un recoupement d’un renseignement. Rien de plus.

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