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Elle se met, sans le savoir, au service des passeurs et leur fait de la pub gratis: Une instagrameuse tente de glamouriser la «harka» !

Des bandes criminelles sont à l’origine de la migration clandestine. Elles s’enrichissent sur le dos des jeunes migrants. Faire l’apologie de ces traversées est inconcevable. 

En juin dernier, la ministre britannique de l’Intérieur s’est attaquée aux réseaux sociaux, notamment Facebook, Instagram et Tik Tok en les accusant de «promouvoir une image glamour de la traversée de la Manche». A l’origine de cette réaction, une vidéo de traversée postée par un jeune migrant clandestin. Le verdict est tombé et la vidéo, qui a été vue plus de 800 mille fois, a été supprimée. 

L’idée a fait des émules et une instagrameuse de chez nous vient de donner le mauvais exemple aux jeunes en postant une vidéo où la «harka» vibre au rythme du rap. Le choix de la «harka» n’est plus perçu comme  un drame ou un acte de désespoir. L’instagrameuse se met, sans le savoir, au service des passeurs et leur fait de la pub gratis.

La promotion d’une image glamour de la «harka» choque en dépit des déclarations de l’instagrameuse en question dans lesquelles elle souligne qu’elle n’est pas la première et qu’elle ne sera pas la dernière. Elle ajoute même qu’elle n’encourage pas les autres à lui emboîter le pas. Surfer sur la vague de la migration clandestine est un choix personnel certes, dicté par la quête du travail et par des conditions de vie précaires difficiles à souffrir, mais  tenter d’embellir l’image d’un voyage à haut risque et omettre, à la foulée, que plusieurs candidats à la migration irrégulière sont morts noyés est inconcevable.

Plus de 1 200 personnes ont trouvé la mort en mer Méditerranée en 2020, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

Quand il frappe, ce mal endémique laisse des familles endeuillées, mais en dépit des hauts risques de noyade et des conséquences regrettables qui découlent de la migration clandestine, voilà qu’on cherche aujourd’hui à ne pas lutter contre ce fléau et pire encore à «banaliser» les dangers encourus, et même à le «glamouriser» aux yeux des jeunes. L’intagrameuse en question est suivie par plus de 255 mille followers, et le grand impact de son acte sur des jeunes bercés par le rêve de la traversée de la mort est bien assuré. On ne cessera pas de le répéter, c’est son choix personnel, mais elle donne ainsi un très mauvais exemple pour les jeunes qui préfèrent trimer dans leur pays pour y construire leur vie.

Pour rappel, la ministre britannique de l’Intérieur précitée n’a pas hésité à demander aux géants de l’internet de  «mettre fin à l’exploitation des plateformes par des criminels impliqués dans l’émigration irrégulière organisée à travers des vidéos donnant une image positive des voyages dangereux», selon la presse britannique.

En Tunisie, le ministère de l’Intérieur devrait en faire de même, car  ce sont des bandes criminelles qui sont à l’origine de ce phénomène. Ils s’enrichissent sur le dos des jeunes migrants. Faire apologie de ces traversées clandestines est inadmissible.

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