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DISCOURS DU CHEF DE L’ÉTAT AU SOMMET ARABE D’ALGER: «Nous sommes appelés à jeter les bases d’une nouvelle vision qui reflète notre aspiration à unifier les rangs»

Envoyé spécial à Alger, Chokri BEN NESSIR

A l’ouverture des travaux du Sommet arabe qui ont débuté hier à Alger, le Chef de l’Etat a exhorté les pays arabes à saisir ce moment historique pour unifier leurs rangs par un nouveau départ à même d’impulser et de renforcer l’action arabe commune.

Le Président de la République a saisi cette occasion pour féliciter le peuple algérien, généreux et hospitalier, attaché à la solidarité arabe et qui accueille chaleureusement ses hôtes parmi les participants au 31e sommet du Conseil de la Ligue des Etats arabes. « Ce qui lie la Tunisie et l’Algérie c’est une histoire de lutte commune, d’un présent solide et d’une volonté à jeter les bases d’un avenir prometteur pour nos deux peuples frères », a-t-il souligné.

Il a indiqué que la concomitance de ce sommet avec la commémoration de la Révolution algérienne revêt une symbolique particulière « qui nous rappelle que notre destin est le même, que notre devenir est commun, que nos causes sont identiques et que nous n’avons pas d’autre voie que de faire preuve de plus de détermination, de volonté et de solidarité pour réaliser l’unité arabe et pouvoir affronter ensemble les diverses menaces afin d’honorer nos engagements et non promesses vis-à-vis de nos peuples, des jeunes et des générations futures ».

Le Chef de l’Etat, qui a remis le flambeau de la présidence du Sommet, a expliqué que « la Tunisie remet aujourd’hui à l’Algérie la présidence tournante du Sommet après trois années exceptionnelles dans un contexte régional et international inédit du point de vue des défis, de la récurrence, des crises, des changements majeurs et d’évènements inédits ».

En effet, « depuis la crise du Covid qui a épuisé nos systèmes de santé, impacté nos économies et réduit nos budgets et nos politiques sociales, à la crise russo-ukrainienne qui a fait vaciller notre sécurité alimentaire et énergétique, en plus des changements climatiques et des catastrophes environnementales et l’exacerbation des conflits et ce qui s’ensuit en termes de terrorisme et de crime organisé et les réseaux de la traite des personnes et l’immigration irrégulière, l’ordre mondial a été fortement perturbé et a montré sa fragilité et son déséquilibre », a étayé Saïed.

Avant d’ajouter que « toutes ces crises ont secoué notre monde déjà affecté par de grands soucis et a perturbé le système mondial en place et on a vu comment les pays se sont repliés sur eux-mêmes, cherchant le salut individuellement ou leur tentation de chercher les solutions dans le cadre de rassemblements régionaux étriqués ».

C’est exactement dans la foulée de tous ces défis que « la Tunisie a déployé tous les efforts afin que les causes arabes soient à l’ordre du jour de toutes les fora internationales, bilatérales et a tenu à ce que la voix arabe s’élève malgré les tiraillements et les appels à la division et a appelé à la consolidation de l’action multilatérale car elle représente le cadre idoine pour trouver les solutions communes aux crises internationales », a ajouté le Chef de l’Etat. Dans le même sillage, il a rappelé que « la Tunisie a tout fait pour que la position arabe soit présente dans l’élaboration des solutions et des visions envisagées à l’échelle internationale afin qu’elle ne reste pas en marge ou que les solutions lui soient imposées au détriment de l’intérêt arabe commun ».

De ce fait, la présidence tunisienne du Sommet arabe, qui a coïncidé avec sa présence non permanente au Conseil de sécurité en 2020/2022 et sa participation au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ainsi que son siège au Conseil économique et social des Nations unies et lors de son accueil de la Ticad 8 en Tunisie, notre pays a été d’un grand soutien aux causes arabes et a mis la communauté internationale face à ses responsabilités.

« En même temps cette présence dans ces forums internationaux a doublé le poids de cette responsabilité vis-à-vis de nos peuples qui savent que la Tunisie, à partir des fondamentaux de sa politique étrangère dont la défense des causes justes, sera à la hauteur de cette responsabilité car elle n’a pas de calcul autre que celui de voler au secours des causes justes, de soutenir les peuples et de mobiliser l’appui et la solidarité internationale en leur faveur », a souligné Saïed. Dans ce contexte, « on n’a pas cessé de réitérer la nécessité de trouver une solution aux causes justes sur les mêmes critères et normes internationaux et on a travaillé en étroite collaboration avec les frères palestiniens afin que la cause palestinienne soit présente à l’ordre du jour des différentes tribunes internationales jusqu’à ce que l’occupant israélien sache que le peuple palestinien n’est pas seul dans sa lutte pour recouvrer ses droits et qu’il n’y aura pas de paix et de stabilité dans le monde tant qu’on n’arrivera pas à l’instauration d’un Etat Palestinien libre et indépendant avec pour capitale Al Qods », a-t-il affirmé.

Le président Saïed a par ailleurs remercié le Président Tebboune pour avoir abouti à la réconciliation entre les palestiniens et a aussi appelé les frères libyens à l’unité nationale et à mettre en œuvre les décisions convenues à l’issue du Dialogue inter-libyen accueilli par Tunis en novembre 2020. « Il n’ y a pas de solution en Libye autre que celle qui rassemblerait les Libyens autour d’un projet national sous une direction libyenne et loin de toute ingérence étrangère », a-t-il souligné.

« Nous sommes face à un moment historique pour notre nation arabe, dicté par la gravité des transformations mondiales qui augurent un nouvel ordre international. Ce qui doit nous interpeller quant à l’avenir du monde arabe à l’égard de ces défis et d’une vision prospective qui lui assurerait sa sécurité et sa souveraineté et qui servirait ses intérêts et ceux de ses peuples », a encore expliqué le Chef de l’Etat.

« Nous sommes appelés à jeter les bases d’une nouvelle vision qui reflète notre aspiration à unifier les rangs et à trouver les solutions aux questions litigieuses avec un haut niveau de responsabilité », a lancé Kaïs Saïed. « Malheureusement, plusieurs questions sont restées en instance depuis des décennies et que les mutations internationales ont fini par compliquer davantage, ce qui a fait en sorte que notre action arabe commune a été incapable de composer avec ces défis au moment où nous sommes censés faire preuve de plus de résilience, de solidarité, de soutien et de complémentarité », a-t-il indiqué.

« Comment dès lors demander aux autres soutien et solidarité sur des questions auxquelles nous n’avons aucune vision claire et sur lesquelles nous sommes toujours divisés ? N’est-il pas temps d’unifier les positions pour que la Syrie retrouve sa sécurité, le Yémen sa stabilité et la Libye sa place ? Et que nous, en tant que pays arabes, reprenions entre nos mains le pilotage de nos causes ? Nous avons besoin d’une réelle volonté commune pour trouver les solutions qui dépassent l’étape du diagnostic à celle de l’action effective afin de transformer les menaces en opportunités ? », s’est interrogé le Chef de l’Etat.

« Qu’est-ce que nous attendons pour instaurer un modèle économique arabe commun capable de résister aux aléas internationaux et à même de contenir la pression mondiale et d’interagir avec les différentes entités et les différents acteurs, quelle que soit leur force, sur un pied d’égalité ?

Nous sommes appelés à sortir de ce Sommet avec des décisions pratiques, de définir les programmes et les projets à même de réaliser l’autosuffisance, d’atteindre la sécurité alimentaire, de défendre la sécurité hydrique en tant qu’élément de la sécurité nationale arabe globale », a souligné le Président de la République. A la fin de son discours, Saïed a appelé aussi à consolider le rôle du Conseil économique et social et de le réformer de façon à ce qu’il soit capable d’apporter la plus-value escomptée et d’avancer les propositions à même de relever les défis économiques et sociaux auxquels font face les pays arabes et d’impacter par conséquent positivement le vécu des citoyens pour que nos jeunes reprennent confiance et qu’on leur fournisse les attributs d’une vie digne et de l’emploi afin qu’ils deviennent créateurs de richesse au lieu de tomber aux mains du terrorisme, de la traite des personnes et de l’immigration irrégulière.

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