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Dans une affaire de harcèlement sexuel, un jugement accable la Fédération française de football


Le siège parisien de la Fédération française de football, le 13 mai 2021. FRANCK FIFE / AFP

C’est une décision qui devrait tendre encore davantage l’atmosphère, déjà lourde, au siège parisien de la Fédération française de football (FFF). Comme l’avait révélé L’Equipe, le conseil de prud’hommes de Paris a condamné l’instance, vendredi 22 octobre, à verser 10 000 euros de dommages et intérêts à une ancienne salariée pour des faits de « harcèlement sexuel » commis par son directeur financier.

Le Monde a pris connaissance du jugement motivé du conseil de prud’hommes. Dans sa décision de neuf pages, la juridiction conclut que l’ex-salariée « a subi des faits de harcèlement sexuel de la part » du directeur financier de la FFF et estime que la fédération « n’a pas pris les mesures adaptées » ni « respecté ses obligations en matière de prévention et de cessation des faits de harcèlement sexuel ».

Lire aussi Football : une plainte pour harcèlement visant un directeur de la FFF classée sans suite

Cette procédure avait été entamée par l’ancienne salariée en novembre 2018, qui avait également déposé la même année, auprès du parquet de Paris, une plainte pénale pour « agression sexuelle » et « harcèlement sexuel » contre son supérieur hiérarchique. En juillet 2019, cette plainte avait été classée sans suite pour « infraction insuffisamment caractérisée », comme l’avait rapporté Mediapart.

« Attitudes et remarques déplacées à caractère sexuel »

Stagiaire puis salariée en contrat à durée déterminée (CDD) à la FFF, la plaignante avait « dénoncé », en août 2018 auprès de son employeur, des faits de « harcèlement sexuel qu’elle subissait » de la part du directeur financier, comme le rappellent les prud’hommes dans leur jugement.

Lors de l’audience devant la juridiction prud’homale, en septembre, elle a fait valoir « qu’elle avait subi un harcèlement sexuel et deux agressions sexuelles de la part de son supérieur hiérarchique sans que l’association FFF prenne les mesures pour prévenir ces agissements ».

Ces faits sont contestés par la fédération. Au terme d’une enquête interne, la directrice générale, Florence Hardouin, avait adressé un simple rappel à l’ordre au directeur financier et mis en place une formation contre le harcèlement.

« En l’espèce, il ressort des attestations de salariées de longue date au sein de la direction financière (…), des courriers de l’inspection du travail et du rapport du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail produits par [la jeune femme] que celle-ci a subi dans le cadre de son travail (…) souvent des remarques déplacées (“ma petite chérie”) en particulier sur ses tenues vestimentaires (“écolière”, “c’est court aujourd’hui”) ou son maquillage, et des attitudes déplacées (simulation d’un baiser, regard insistant) », écrit le conseil de prud’hommes.

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