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Coupe du monde de football 2022 : l’ombre tenace du soupçon sur l’attribution du Mondial au Qatar

Le Qatar a-t-il acheté la Coupe du monde 2022 ? A un an de la tenue du tournoi, la question revient toujours avec insistance. Elle avait été soulevée dès le 2 décembre 2010, dans les secondes qui ont suivi la victoire de l’émirat lors du vote d’attribution du Mondial (14 voix pour le Qatar contre 8 pour les Etats-Unis), organisé par la Fédération internationale de football (FIFA).

« Aucune preuve n’a jamais été produite pour démontrer que le Qatar a obtenu les droits d’accueillir le Mondial 2022 de manière contraire à l’éthique ou par des moyens qui contreviennent aux règles strictes de la FIFA en matière de candidature », se défend le comité d’organisation qatari du tournoi.

Certes, à ce jour, aucun procès n’a eu lieu et aucune condamnation n’a été prononcée. Pour autant, des enquêtes judiciaires ont été ouvertes dans trois pays pour tenter de faire la lumière sur le scrutin. L’une d’elles a émis des conclusions sans ambages : pour la justice américaine, qui a enquêté à partir de 2015, il ne fait pas de doute qu’il y a eu corruption.

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Dans un acte d’accusation publié en mars 2020, le procureur fédéral de Brooklyn a écrit que plusieurs membres votants du comité exécutif de la FIFA ont été soudoyés. Sans préciser l’origine des fonds, il a accusé le Brésilien Ricardo Teixeira, le Paraguayen Nicolas Leoz et l’Argentin Julio Grondona d’avoir « reçu des pots-de-vin en échange de leur voix en faveur du Qatar ». La procédure n’est toutefois pas allée plus loin pour le moment, MM. Grondona et Leoz étant morts en 2014 et en 2019.

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En Suisse et en France, des enquêtes sont toujours en cours. Le parquet suisse a ouvert, depuis 2015, une procédure pénale contre X pour « soupçon de gestion déloyale et de blanchiment d’argent ». Dans ce cadre, il s’intéresse notamment, selon nos informations, aux « bonus » (23 millions de francs suisses au total, soit 21 millions d’euros) que se sont octroyés, le 1er décembre 2010, l’ex-président de la FIFA Sepp Blatter, son secrétaire général, Jérôme Valcke, et son directeur financier, Markus Kattner.

Déjeuner d’affaires

A Paris, au terme de trois ans d’enquête préliminaire, le parquet national financier (PNF) a ouvert, en 2019, une information judiciaire pour « corruption active et passive », ainsi que pour « recel et blanchiment » de ces délits. A ce jour, aucune mise en examen n’a été prononcée par les deux juges d’instruction chargés du dossier.

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Comme Mediapart l’a révélé, les magistrats instructeurs explorent la piste d’un pacte corruptif. Celui-ci aurait été conclu le 23 novembre 2010, lors d’un déjeuner à l’Elysée organisé par Nicolas Sarkozy. Ce jour-là, le président de la République avait convié Michel Platini, président de l’Union des associations européennes de football, l’actuel émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, ainsi que son premier ministre.

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