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Chaima Issa déplore les fuites de documents judiciaires sur les réseaux sociaux

La professeure universitaire et membre du Front de salut national, Chaima Issa, a indiqué que des pages Facebook soutenant le pouvoir en place avaient annoncé l’ouverture d’une enquête à son encontre avant sa convocation pour comparaître devant la brigade criminelle de la Garde nationale de Ben Arous. En s’y rendant à la date du 19 janvier 2023, Chaima Issa a été surprise de découvrir qu’elle faisait l’objet d’une interdiction de voyager.

Invitée le 20 janvier 2023 de Borhen Bssais à « Émission impossible » sur la radio IFM, Chaima Issa a affirmé avoir pris connaissance d’un jugement d’interdiction de voyager lors de son audition. La sentence avait été prononcée à la date du 17 janvier 2023. Son audition a été entamée sans lui fournir d’informations au sujet de l’identité du plaignant ou du fondement juridique de l’enquête. On lui a seulement expliqué qu’il s’agissait de poursuites engagées devant la justice militaire en raison d’un passage sur la radio IFM datant du 22 décembre 2022.

« J’ai refusé de répondre aux questions et d’être auditionnée dans un cadre aussi flou et vague… Je me suis sentie dans une situation d’insécurité… Mes avocats se sont rendus au tribunal militaire pour découvrir l’identité du plaignant… Ils ont découvert que le ministre de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine a adressé une fiche de renseignement au ministre de la Défense (Imed Memmich, ndlr)… Ce qui est affligeant, ce sont ses propos dans le dernier paragraphe de cette fiche. Il lui a affirmé que des experts en droits sont surpris de l’absence d’enquête visant cette femme… Ce paragraphe circule depuis des jours sur Facebook… Les mêmes phrases… Même la brigade criminelle de la Garde nationale de Ben Arous n’y avait pas accès et on les trouve sur Facebook ! », a-t-elle déploré.

Chaima Issa a assuré qu’elle n’avait pas peur et qu’elle était prête à la confrontation. Elle a critiqué les fuites orchestrées de dossiers judiciaires. Elle a assuré que la fiche de renseignement adressée au ministre de la Défense portait la signature du ministre de l’Intérieur. Elle a estimé que les experts en droit cités par Taoufik Charfeddine étaient des soutiens au pouvoir en place. Ce dernier, selon elle, est coupable, par cette plainte, d’avoir placé l’armée dans un conflit politique.

Chaima Issa a précisé qu’elle faisait l’objet de poursuites judiciaires en vertu du Code pénal et du décret n°54 relatif à la lutte contre les infractions se rapportant aux systèmes d’information et de communication. Mme Issa est accusée d’avoir incité l’armée à désobéir des ordres directs, d’offense contre le chef de l’État et de répandre des rumeurs dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale. Elle a considéré que sa déclaration n’était pas un appel à la désobéissance. Elle a estimé que les élections étaient dépourvues de légitimité.  

Chaima Issa a considéré que le président de la République, Kaïs Saïed, s’était isolé. Elle a affirmé que ceci impactait directement la situation du pays. Elle est revenue sur la dégradation de la situation économique du pays. Le chef de l’Etat, selon elle, a porté atteinte aux standards de la démocratie. Elle a, aussi, assuré que le Front de salut national n’était pas capable d’influencer les partenaires de la Tunisie et les institutions financières internationales. 

S.G


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