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CAN 2022 : le Sénégal file vers les quarts de finale, après avoir battu le Cap-Vert

Les joueurs du Sénégal fêtent leur victoire contre le Cap-Vert, mardi 25 janvier 2022, à Bafoussam, au Cameroun. PIUS UTOMI EKPEI / AFP

Tout paraît si paisible dans ce coin du Cameroun. Bafoussam ronronne comme ces milliers de motos, parfois siglées de la virgule Nike, qui tourbillonnent sans fin dans cette troisième ville du pays. Ici, les rues sont apprêtées, débarrassées des ordures et autres cadavres de bouteilles en plastique qui ont tendance à recouvrir le bitume abîmé. Ici, on se dit fier d’accueillir la Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui « a permis qu’on nettoie la ville » et « d’enlever la poussière des trottoirs », peut-on entendre.

Mardi 25 janvier, à 17 heures, cette cité sans embouteillages – si peu, comparés à ses grandes sœurs Yaoundé ou Douala – a dit au revoir à la CAN en recevant, dans son stade minimaliste, son dernier match du tournoi, les huitièmes de finale entre le Sénégal et le Cap-Vert. C’est le derby de l’ouest du continent, entre deux voisins, deux frères, qui partagent bien plus que l’océan Atlantique. Le nouveau maire de Dakar, Barthélémy Dias, n’est-il pas d’origine cap-verdienne ? Sur le papier, le Sénégal, première nation africaine, n’a rien n’a craindre des Requins bleus (14e). En dix-neuf confrontations, cette sélection a remporté quinze duels et s’est inclinée deux fois. La dernière remonte à 2000, lors d’un tournoi qui n’existe plus depuis.

Il est 16 h 40. D’un coup, les tribunes du stade – comme posé délicatement autour de collines et d’une forêt – se mettent à frémir. Les supporteurs sénégalais viennent d’apercevoir la silhouette de l’icône du pays : El-Hadji Diouf. L’ancien capitaine n’a qu’à lever le bras pour être acclamé tel un chef d’Etat. Puis, juste avant le coup d’envoi, le speaker annonce une minute de silence à la mémoire des victimes décédées la veille dans une bousculade qui a fait au moins huit morts, lors du match Cameroun-Comores (2-1), devant le stade d’Olembe, à Yaoundé. D’ailleurs, sur les panneaux publicitaires, on peut lire « Nos condoléances à toutes familles », signé CAF (Confédération de football africain). Une minute de silence qui durera à peine une poignée de secondes.

Un manque de rythme, de précision, de création

Il est 17 heures, place à la bataille de l’Ouest. Le Sénégal doit absolument se racheter de son premier tour ennuyeux, comme son jeu : sans flamme, sans âme, sans éclat. Sur la pelouse de Bafoussam, les finalistes de l’édition 2019 sont des Lions sans canines : un but marqué en trois matchs (de Sadio Mané), deux nuls (contre la Guinée et le Malawi) et une victoire face au Zimbabwe (0-1), grâce à un penalty inespéré à quelques secondes de la fin du temps réglementaire.

Sur le terrain aussi, les Sénégalais ronronnent. Après des premières minutes pourtant tonitruantes (Sadio Mané tire sur le poteau), les hommes d’Aliou Cissé retombent dans leurs travers : manque de rythme, de précision, de création, même s’ils monopolisent le cuir. Le match ressemble étrangement à celui de la veille, entre le Cameroun et les Comores. Même en supériorité numérique – le milieu Patrick Andrade est expulsé, pour avoir écrasé la cheville de Pape Gueye (19e), après consultation de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), les Lions n’arrivent pas à développer leur football, déroutés par un Cap-Vert vaillant. Avec le portier de Chelsea Edouard Mendy, meilleur gardien de la Fédération internationale de football association (FIFA) de l’année 2021, le défenseur de Naples Kalidou Koulibaly, ou le milieu du Paris-Saint-Germain Idrissa Gueye, comment expliquer que cette armada n’arrive pas à enchanter et à se lâcher ? Dans les gradins, les journalistes sénégalais sont effondrés par le jeu insipide de leur équipe et craignent la défaite.

Coup du sort

Les supporteurs, eux, continuent d’y croire, en donnant du rythme et de la percussion : au son des djembés, ils dansent tels des métronomes sans la moindre pause. Puis, coup du sort. A la 53e, le gardien Vozinha percute méchamment Mané qui se retrouve K.-O. au sol ; et après consultation de la VAR, le Cap-Verdien est expulsé. A neuf, ce n’est plus le même match. A neuf, c’est plus facile, même si les Requins bleus ne lâchent rien. Ainsi, l’attaquant vedette Mané marque d’une splendide frappe (63e) et Bamba Dieng double la mise dans les arrêts de jeu. Les journalistes sénégalais retrouvent le sourire, et les 10 545 personnes du stade (de 20 000 places) acclament les vainqueurs.

Après quatre matches à Bafoussam, le Sénégal file à Yaoundé en quarts de finale et défiera, le 30 janvier, le Mali ou la Guinée équatoriale. Mais, pour espérer aller plus loin dans le tournoi, les Lions ne pourront plus uniquement compter sur les coups du sort, ou sur la VAR, mais devront enfin se libérer et mordre de nouveau.

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