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Campagne de dénigrement à l’encontre de Rania Toukebri, ingénieure en aérospatiale : La bêtise humaine est infinie !


Pour une ingénieure en aérospatiale qui n’a pas encore dépassé la trentaine, qui se plonge au quotidien dans l’incommensurabilité de l’univers, la bêtise humaine ne doit aucunement la faire fléchir ou la perturber.

Suite à son passage sur une chaîne de télévision  privée, la jeune Rania Toukebri  s’est inconsciemment embourbée dans une futile polémique et un débat de pacotille qui en dit long sur une société post-révolution  en décomposition avancée. Celle qui rêve les yeux ouverts de conquérir l’espace s’est retrouvée face à une absurde et honteuse campagne de dénigrement visant à décrédibiliser ses propos. «Deux choses sont infinies», disait Albert Einstein «l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue». Cela est aussi vrai pour la jeune ingénieure en aérospatiale Rania. Avec un taux d’analphabétisme qui s’élève désormais à 17.7%,  plus de cent mille élèves dans la rue chaque année,  un indice de la qualité de l’enseignement qui régresse au fil des ans, notamment après le départ de Bourguiba, il ne faut pas s’étonner pour autant. Le triste constat est bien là. La Tunisie se vide de plus en plus de ses compétences et la lecture ne fait plus partie du quotidien des Tunisiens.

Diplômée en ingénierie et activiste humanitaire

N’en déplaise à ses détracteurs, Rania incarne l’image de la jeune femme tunisienne au parcours universitaire bien étoffé. Son rêve à elle est de conquérir l’espace. Un rêve d’enfance qui l’avait toujours hantée, qui s’est transformé en défi à relever et qui est en passe de devenir une réalité. Pour ses calomniateurs, il est bon de savoir (et de retenir) qu’elle est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en instrumentation et électronique de l’Insat en Tunisie en 2015 et d’un master en systèmes embarqués de l’université de Picardie Jules-Verne en France en 2016.

Rania a également obtenu un certificat en cryptographie de l’Université de Stanford en 2017. Elle est ingénieure en aérospatiale travaillant pour les projets de l’ESA à Brême, en Allemagne, depuis novembre 2016. Elle a travaillé sur plusieurs projets de fin d’études et sur des équipements et engins spatiaux et s’est spécialisée dans les unités de  stockage et les interfaces d’acquisition de données. Elle est aussi un point de contact national de notre pays au sein du  Conseil consultatif de la génération spatiale (une organisation non gouvernementale et un réseau professionnel visant à apporter les points de vue des étudiants et des jeunes professionnels de l’espace aux Nations unies-ONU)

La diplômée en ingénierie a participé à plusieurs ateliers, séminaires et événements internationaux pour le développement des activités spatiales, la résolution de problématiques spatiales (débris spatiaux, cybersécurité…) et pour la croissance de la génération spatiale. Elle a été modératrice du Congrès Space Generation.

Sur le plan humanitaire,  elle fait partie du Haut-commissariat des refugiés depuis 2016, ainsi que des Nations unies pour les affaires africaines, sans compter son militantisme au sein de l’ONG Human Rights Watch. Pour une ingénieure en aérospatiale qui n’a pas encore dépassé la trentaine qui se plonge au quotidien dans l’incommensurabilité de l’univers, la bêtise humaine ne doit aucunement la faire fléchir ou la perturber.

«J’ai perdu l’envie de retourner au pays…»

La campagne de dénigrement à laquelle elle fait face suite à son apparition  sur une chaîne privée ne pourra aucunement l’inquiéter. Nul n’est prophète en son pays et on finit toujours par chasser nos compétences et les pousser  à s’installer à l’étranger où elles sont bien accueillies et bien encadrées. Rania n’a nullement besoin de répondre aux mauvaises langues et de se rabaisser à leur rang.

Mais, au demeurant, c’est ce qui arrive quand un chercheur scientifique se trouve au mauvais endroit, invité à un programme de télévision où la vulgarisation de la science  s’apparente à un exercice qui n’est pas sans risques. Cela nécessite des qualités poussées en matière de communication. Le passage de Rania rappelle celui de l’éminent penseur et islamologue feu Mohamed Talbi sur une chaîne de télévision privée. Incompris, ses positions et ses propos sur la religion avaient déclenché des moqueries et un enchaînement haineux des réseaux sociaux.

«Arrêtez de regarder des vidéos stupides, l’humanité passe à autre chose… Le système éducatif devrait être reconsidéré en Tunisie», ce sont les propos de la jeune Rania sur les réseaux sociaux. Tout un monde la sépare de ses détracteurs. La jeune ingénieure a réagi à la campagne en question en regrettant surtout la déformation de ses propos et en soulignant qu’elle a perdu l’envie de retourner au pays.

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