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Billet | Pardon Temime, mais Chaïbi mérite mieux

L’«International Federation of Football History & Statistics » a dévoilé la sélection type des meilleurs joueurs tunisiens de tous les temps. Il s’agit du Onze de rêve suivant: Sadok Sassi (Attouga)-Hatem Trabelsi-Hedi Berrekhissa- Khaled Ben Yahia-Khaled Badra-Abdelmajid Chettali-Tarek Dhiab-Hamadi Agrebi-Temime Lahzami-Noureddine Diwa et Dos Santos. En dépit de l’aspect plus ou moins scientifique de pareil choix, lié entre autres au nombre de matchs joués, des titres remportés, la composition de la sélection type des meilleurs joueurs de tous les temps reste subjective. Cela se comprend dans la mesure où l’on ne peut pas résumer toute l’histoire du football tunisien en onze joueurs. Beaucoup méritent incontestablement de figurer dans le Onze de rêve. Et s’ils étaient choisis, ils n’auraient certainement rien changé à l’équipe type déjà choisie. Avec cependant une exception.

Face à ce choix, on se sent, en effet, quelque peu désemparé, notamment en l’absence d’un joueur que l’histoire, les statistiques, les classements et les recensements ne peuvent en aucun cas omettre.  L’absence de Tahar Chaïbi de la sélection type nous bouleverse, nous agite, non pas parce que Temime Lahzami, choisi à sa place, ne mérite pas d’y figurer, mais tout simplement parce que ce choix, un peu dévasté, nous désole en voyant un joueur dont la carrière  a connu chaque millimètre carré des plus grands stades et des plus petits terrains vagues, ne soit pas retenu. Unique dans ses gestes et ses actions, indescriptible et inoubliable, celui auquel le virus du ballon rond n’a jamais laissé de répit fait partie des joueurs qui ont écrit les lettres de noblesse du football tunisien. Ne reculant jamais devant l’obstacle ou le défi, tout le temps en quête de l’exploit de la performance sur le terrain, que ce soit dans les grands ou « petits » matchs, face aux grands ou « petits » adversaires, Tahar « Boy » s’était toujours allé au feu, se projetant, à chaque récupération du ballon, à une vitesse incroyablement élevée.

Il n’a jamais baissé le pavillon ou courbé l’échine. Ses passionnantes prestations, son potentiel technique finement ciselé prenaient l’allure d’un prêche en faveur de l’esthétisme en football. Un football érigé en dogme religieux. Paradoxalement, son absence du Onze de rêve ravive en nous les images d’un footballeur percutant, tranchant et saisissant,  toujours au cœur des grands exploits, des grands matchs où se croisaient souvent les grands joueurs. Une vraie école du football.

Les parcours des équipes et des grands footballeurs se réalisent, dans la majorité des cas, à l’intérieur d’un système, d’une stratégie et d’un projet de jeu. Du temps du grand CA, les orientations tactiques et stratégiques étaient toutefois institutionnalisées selon une philosophie autour de Chaïbi. Et si aujourd’hui la mode est revenue aux vertus que sont l’effort physique et l’application tactique, l’on n’hésite pas chaque fois à évoquer le courant footballistique né, développé et accompli par Chaïbi.

Non, Tahar Boy n’avait pas de semblable, d’héritier, encore moins de concurrent, dans le registre de jeu qui lui sied parfaitement et passionnément. Il n’a jamais été comme les autres. Un joueur inaccoutumé, qui avait le secret de faire plier à sa manière toute l’institution footballistique.

De nature très discrète, le genre Hamadi Agrebi, il avait aussi une « haine » pour la médiatisation. Mais derrière sa sobriété se dissimulait un joueur anticonformiste, typique et surprenant.

Et encore comme Agrebi, si Tahar Chaïbi avait un peu plus le sens de l’ego, de l’ambition, il aurait été l’un des joueurs les plus incroyables du football,  non seulement tunisien, mais aussi continental.

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