Economie tunisie

Billet | Les prix encore plus outranciers

Plus de 10 jours après le début du Ramadan, les prix sont toujours hors de portée pour les consommateurs tunisiens. Encore une fois, le mois sacré est venu mettre à nu un marché volatil et des prix qui n’ont jamais cessé de grimper, pour atteindre un seuil « insultant ». Pourtant, sur le plan officiel, tout est dans l’ordre : le marché national est approvisionné, durant ce mois en quantités considérables de produits alimentaires de large consommation, sans pour autant se soucier ou réagir face à cette flambée sans précédent des prix des produits alimentaires (fruits, légumes et autres).

Déjà avant Ramadan, les choses avaient donné des signes de grave détérioration. Si le ministère du Commerce planche sur un plan de maîtrise des prix ou de lutte contre la spéculation, rien de concret ne semble encore avoir émergé, si ce n’est une baisse drastique du pouvoir d’achat des ménages tunisiens, concomitant à une envolée des prix jamais égalée.

L’inflation et le Ramadan vont avoir raison du portefeuille du citoyen. Une flambée qui risque de perdurer au vu du contexte économique mondiale, qui connaît une tendance inflationniste sévère. Ainsi, cette flambée risque d’achever le pouvoir d’achat des Tunisiens, déjà mis à mal par la crise sanitaire qu’a connue le monde.

Selon les derniers indicateurs publiés par l’INS au mois de mars 2022, les prix à la consommation ont augmenté de 0,8%  après 0,3% au mois de février et 0,7% en janvier. « Cette augmentation est principalement liée à la hausse des prix de l’alimentation de 1,1% », notamment des prix du groupe eaux minérales, boissons gazeuses et jus de fruits de 2,7%, de viandes bovines de 2,3%, et des prix des produits dérivés de céréales de 1,3%.   

De même, au cours du même mois, l’inflation a confirmé sa tendance haussière, en augmentant à 7,2% après 7% en février et 6,7% en janvier.

L’érosion sans précédent du pouvoir d’achat du citoyen s’approfondit de plus en plus.  Et les écarts entre le discours ambiant, optimiste à souhait, et les réalités du terrain posent problème pour le citoyen, mais gageons, que d’ici à quelques jours, les prix vont  chuter, après avoir dépassé les pics de la demande.

Dans la réalité, et malgré les efforts fournis par l’Etat pour stabiliser les prix et assurer la disponibilité, ce Ramadan suit le scénario des précédents. Il faut dire que le mercuriale avait commencé son envolée bien avant le mois sacré. La surconsommation engendrée par le jeûne et l’avidité de certains commerçants, sans oublier la multiplication des actes de spéculations, de tous ces facteurs résulte un dysfonctionnement sur les marchés et une flambée généralisée des prix.

Dans ce contexte de baisse impitoyable du pouvoir d’achat des Tunisiens, se pose la question de savoir quel est le minima d’un salaire susceptible de garantir au citoyen de conserver sa dignité ou alors de savoir combien faut-il pour une famille pour subvenir à ses besoins et ainsi vivre décemment.

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