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Billet | A-t-on vraiment besoin de vérité ?


 

La question peut paraître audacieuse, presque insultante : la sélection dans sa version actuelle, mais aussi à travers ce qu’elle a laissé entrevoir face à la France et tout au long du Mondial de Qatar, a-t-elle vraiment de l’avenir ?

Au fait, a-t-on vraiment besoin de vérité ? Si oui, on n’hésitera pas à affirmer qu’en dépit de la victoire sur le champion du monde et des 10 places et 38 nouveaux points gagnés à l’occasion, nous demeurons convaincus que rien n’est encore suffisamment clair, et encore moins rassurant ni dans la gestion de l’équipe, ni dans les stratégies et les méthodes de travail, ni dans  les prérogatives et les alternatives administratives. Il y a des jours comme ça où le football aime se saisir de quelques clichés et leur offrir une mise en application spectaculaire. Mais le fait est là : la sélection continue à se revendiquer presque dans un milieu défavorable, sans créativité et sans rebondissements. D’une Coupe du Monde  à l’autre, elle laisse encore et toujours entrevoir un manque évident d’alternatives, de prise de risque et d’accomplissement. Rarement, on voit l’équipe investie de véritables attributions, de pouvoir, d’immunité. Et tout particulièrement, les critères et les qualités suffisants de lui permettre de dépasser le fameux premier tour du Mondial.Au-delà de ce que la participation au Mondial de Qatar est susceptible d’engendrer comme leçons à retenir, c’est tout le football tunisien qui a impérativement besoin d’une véritable réflexion sur la manière avec laquelle il est géré et sur les véritables problèmes qui entravent sa marche. Nous savons qu’après la victoire sur la France, les responsables de tous bords autour de la sélection vont user dans les beaux discours et qu’ils ne manqueront pas, à l’occasion et comme ils sont habitués de le faire, de défendre l’indéfendable, convaincus qu’ils sont que la sélection, et derrière elle le peuple tunisien, leur sauront toujours gré de voir leurs limites s’exposer et défiler ici et là.

A vrai dire, ce qui s’accomplit en sélection continuera éternellement à alimenter les débats, et souvent de façon bien particulière. Le tort de l’équipe de Tunisie  réside tout particulièrement dans le fait que son entourage n’a pas suffisamment évolué. Elle ne dispose pas toujours d’un sélectionneur capable de faire réussir une équipe, un parcours. Tous ceux qui se sont succédé ces derniers temps ne sont au fait que des patrons qui font de la représentation et qui n’hésitent pas à prendre des décisions le plus souvent déraisonnables. S’en remettre aujourd’hui au bon sens de Jalel Kadri, ou encore à certains de ses prédécesseurs, à la vision et l’approche de jeu qu’ils préconisent, ne peut engendrer qu’un constat amer : le potentiel de l’équipe aurait dû en effet être mieux optimisé et plus manifeste. L’entente entre les joueurs encore davantage. Il faut dire que le métier de sélectionneur, et de l’entraîneur de façon générale, serait devenu, quant à lui, plus dur non pas à cause du travail, mais plutôt à cause de la pression.

Le même constat s’applique encore davantage aux joueurs. En effet, on a de plus en plus la conviction qu’une place de sélectionné est devenue tellement ordinaire, tellement à la portée qu’elle a fini par conditionner toute la vocation de l’équipe, ses prérogatives et ses alternatives. On a aussi souvent le sentiment que c’est toute une génération qui ne fait que reprendre un vieux rôle de répertoire dans un combat d’arrière-garde, à contre-courant, à reculons et dos au mur.  On sait que la vie, le parcours d’une sélection sont soumis à la dictature du résultat et du court terme. On sait aussi que les résultats ont tendance à tout effacer, même les choix les plus discutables, même les choix les plus incompréhensibles. Il n’en demeure pas moins que les exigences auxquelles sera confrontée l’équipe de Tunisie dans les prochains jours devraient forcément être différentes de celles déjà vécues. Un autre registre et de nouvelles priorités, un nouveau cycle et de nouveaux acteurs. En tout cas, une ère complètement différente de celle affichée jusque-là. Et tout particulièrement à l’occasion du Mondial.  Le football tunisien vit toujours dans l’attente. Et vivre dans l’attente, c’est aussi vivre dans le doute. Cela, personne ne semble aujourd’hui l’ignorer car sur les manquements et le gâchis engendrés par un vide existentiel, se profilaient depuis longtemps  les dessous d’un avenir pas tout à fait sécurisant. Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons d’un vrai malaise et d’une profonde interrogation. On ne travaille pas suffisamment, sinon pas du tout, les fondamentaux. Que ce soit sur le plan purement sportif, ou d’ordre organisationnel et structurel, c’est encore et toujours  les mêmes défaillances et les mêmes dérives.

Les problèmes de forme et de fond continuent de conditionner le quotidien de tout le football tunisien. Les questions essentielles, aussi bien pour le présent que pour l’avenir, restent toujours sans réponses.

On ne se résout évidemment à parler de la sorte après une participation au Mondial, somme toute ratée, sans évoquer, et au risque de nous répéter, la nécessité de la mise en place d’un groupe uni pour une même cause.

Des fois, il y a de ces obligations qui construisent tout un parcours, un destin…

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