Economie tunisie

BCT | Conjoncture économique et financière : 2023 serait une année difficile

 

Dans une note conjoncturelle qu’elle vient de publier, la Banque centrale de Tunisie précise que la situation économique actuelle est la résultante d’une conjoncture difficile, mais aussi de l’absence de réformes depuis une longue période.

Des déficits jumeaux et une stagflation ont marqué la situation macroéconomique en 2022. En effet, un taux de croissance économique faible de l’ordre de 2,2% contre 4,3% en 2021 a été enregistré avec un affaiblissement du PIB potentiel (baisse de l’investissement, persistance des effets du Covid et de la crise russo-ukrainienne sur le tissu productif…).  «L’année 2023 serait aussi une année difficile avec une croissance faible prévue à seulement 1,8%», selon l’analyse de la BCT. Sur le plan sectoriel et suite à la faible pluviométrie, la production agricole sera en baisse. De même pour les industries manufacturières, dont la croissance de l’activité est estimée à 0,5% contre 3,1% en 2022. «Ceci aura un impact négatif sur nos industries exportatrices (IME, ITHC) qui ont montré une certaine résilience en 2022».

Le secteur du phosphate ne s’est pas relevé de son effondrement en 2010. La Tunisie produit actuellement moins de 3,6 millions de tonnes, contre 8 millions de tonnes auparavant, alors que le marché est demandeur et les prix internationaux sont élevés. A cela s’ajoute la situation du secteur des hydrocarbures, privé d’investissements pendant des années.

Selon la même source, l’année 2023 verra la poursuite des tendances haussières actuelles de l’activité des services marchands, notamment celle des hôtels, cafés et restaurants et du transport, sachant que la VA touristique n’a pas atteint son niveau de pré-covid en dépit de sa reprise en 2022.

Finances publiques : maîtrise du déficit budgétaire

Une maîtrise relative du déficit budgétaire en dépit de l’impact de la crise russo-ukrainienne a été observée au cours de l’année 2022 (7,7% du PIB), moyennant une hausse des dépenses de compensation (+4.737 MDT) qui a été compensée par des recettes supplémentaires et une compression des dépenses d’investissement.

La loi de finances 2023 vise aussi  la maîtrise du déficit au niveau de 5,2% du PIB: hausse des recettes fiscales (+12,5%) et non fiscales (+39,2%) et absence de mesures pro-growth.

La BCT met en exergue, également, l’importance des besoins de financement en 2023 dus principalement à la hausse des remboursements au titre du principal de la dette (15,8 milliards de dinars contre 9,8 milliards en 2022), outre la difficulté de mobilisation des ressources extérieures et appelle à continuer à mobiliser des financements internes au même rythme que l’année 2022.

Croissance économique, inflation et taux d’intérêt

La bonne performance de l’économie nationale a été associée, depuis plusieurs années, à des taux d’inflation faibles et relativement stables. « Au cours des années 90, les taux d’intérêt relativement élevés n’ont pas entravé la croissance économique, qui a évolué à des taux avoisinant les 5% en moyenne. D’autre part, l’orientation de la politique monétaire, à cette époque, a permis de maîtriser l’évolution de l’inflation», indique la BCT.

Les prévisions tablent sur une poursuite de la tendance haussière de l’inflation (11%) en 2023, avec des risques importants de maintien de l’inflation à des niveaux historiquement élevés aussi longtemps aux niveaux national et international. Les pressions sur les prix sont d’origine externe et interne. Au niveau interne, le maintien de la demande à des niveaux plus élevés que l’offre locale (capacités de production du pays), la hausse des coûts de production (intrants, salaires) et la réforme de la caisse de compensation devraient occasionner des tensions importantes sur l’inflation au cours de la période à venir

Déficit courant : hypothèses

Sous l’effet de la poursuite des répercussions de la crise sanitaire et du conflit russo-ukrainien, notamment la hausse des prix internationaux des produits énergétiques et céréaliers, le déficit courant de la Tunisie pourrait s’établir à 8% du PIB en 2023, et ce, compte tenu de plusieurs hypothèses, à savoir :

-un taux de croissance de l’économie tunisienne de 1,6% en 2023 (selon le FMI).

– le ralentissement de la croissance économique dans la zone euro : +0,5% en 2023 (contre 3,1 %).

-une légère baisse des prix des produits alimentaires (céréales : -4,7% par rapport à 2022) et des matières premières (-4,5%).

-une reprise de l’activité touristique tenant compte de la forte amélioration du marché algérien.

-le prix moyen du Brent à 95,33 dollars/baril contre 102,13 dollars/baril estimé en 2022, soit une baisse de -6,7% Par ailleurs, et d’après la note de la BCT, le taux d’intérêt est parmi les meilleurs stabilisateurs des taux de change. En effet, la hausse du taux d’intérêt directeur de manière énergique effectuée au cours des années 2018 et 2019 a contribué à assurer une meilleure stabilité du dinar durant toutes ces dernières années,  durant la période janvier 2017-avril 2019, le dinar s’est déprécié de 2.46 à 3.45 contre l’euro (dépréciation d’environ 30%), alors qu’il s’est stabilisé dans une fourchette de 3.10-3.30 durant les années 2020-2021-2022.Contre le dollar, le dinar s’est déprécié de 2.35 à 3.05 contre le dollar au cours de la période janvier 2017-avril 2019 (dépréciation de plus de 20%), alors qu’il s’est stabilisé dans une fourchette de 2.70-2.90 au cours des années 2020-2021.La dépréciation du dinar face au dollar observée en 2022 est due à la forte appréciation du dollar contre toutes les monnaies du monde suite aux retombées de la guerre en Ukraine.

Toujours en se référant à la note sur la conjoncture économique de la banque, son gouverneur Marouane Abassi devait préciser que la croissance restera faible en Tunisie et le pays n’est pas loin d’une situation de stagflation.  Toujours est-il que la mission principale de la BCT est de défendre la stabilité des prix et d’utiliser tous les outils à sa disposition pour atteindre son objectif à l’heure où le macro-prudentiel ne suffit plus.

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