National

Banques maghrébines:  L’union dans la digitalisation

Il s’agit de l’un des défis majeurs du secteur, et auxquel s’ajoutent la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Certes, la vie post-Covid ne sera plus celle d’avant. L’économie aussi. A moins que l’on change de politique monétaire et de stratégie de gestion de nos institutions financières. A l’aune de nouveaux besoins d’une clientèle de plus en plus exigeante, on n’aura plus de choix que d’y répondre comme il se doit. Soit des prestations à souhait. Aussi, le client n’est-il pas le roi, dit-on. D’ailleurs, les magnats de la finance et des banques dans les pays du Maghreb se réclament de l’innovation technologique comme fer de lance pour booster leur dynamique économique. Hier, à Gammarth, dans la banlieue nord de Tunis, s’est tenu leur forum bancaire maghrébin avec pour thème «Digitalisation des processus et services bancaires : enjeux, défis, approches et outils».

Une triple valeur ajoutée !

Devant un parterre d’experts et d’économistes, ils se sont penchés sur le devenir de leur secteur et les défis à relever pour qu’il puisse connaître de beaux jours. Le débat instauré, sur fond des panels poussés, a bel et bien cristallisé toutes les idées et les propositions tant recommandées. L’heure du numérique a déjà sonné. Et le digital banking se pose en choix incontournable. Dans la foulée, les banques de la région n’ont qu’à s’y adapter, sans broncher. Deux ans durant, la crise sanitaire à cause du Covid-19 nous a montré que l’avenir appartient, désormais, à celui qui croie à cette révolution numérique. En mot d’ouverture, Mohamed Vall Elalem, secrétaire général de l’Union des banques maghrébines (UBM), a focalisé sur les vertus de la digitalisation et son apport dans l’amélioration des services bancaires fournis aux clients. Soit une triple valeur ajoutée, en termes d’efforts, de temps et d’argent. L’UBM, basée sous nos cieux, vise à réunir tous les ingrédients d’une banque au diapason de son époque. Le président de son conseil d’administration, Lazhar Latrech, a enfoncé le clou : «Les institutions financières et bancaires qui veulent se développer n’ont plus de choix que d’adhérer, volontiers, aux innovations technologiques et d’en tirer le meilleur parti, afin de présenter des services qui répondent aux attentes du consommateur d’aujourd’hui».

Et d’enchaîner, par ailleurs, que «Big Data» et «Block Chain» sont de nouveaux outils qui viennent, ainsi, révolutionner le système bancaire, l’aidant à créer des alternatives à ses services classiques. A preuve, « les monnaies numériques et déchiffrées ont connu une évolution effective dans l’échiquier financier international », témoigne-t-il. Reste que l’on devrait, insiste-t-il, se conformer aux standards liés aux données financières et leur impact sur l’activité bancaire dans la région. Cela constitue, à ses dires, un des défis majeurs du secteur, auxquels s’ajoutent la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cela dit, entre autres, la Banque maghrébine est appelée à repenser sa politique de marketing et se repositionner par rapport à la demande de sa clientèle. Justement, «le taux d’échanges entre nos pays maghrébins demeure, hélas, en deçà de la moyenne, en comparaison de celui réalisé dans certaines régions du monde aux conditions similaires», indique-t-il.

Un souci commun

Ce forum bancaire maghrébin se veut, alors, un rendez-vous de taille qui favorise un nouveau cadre de coopération et de partenariat interbancaire. Il s’agit, selon le secrétaire général de l’Union du Maghreb arabe, Taïeb Baccouche, d’un événement d’envergure, dans la mesure où la digitalisation bancaire s’impose comme un souci commun. «D’autant plus que la pandémie de Covid-19 n’a fait qu’accélérer cette tendance numérique et pousser à restructurer les relations banques-clients. «On n’aura plus la peine de nous déplacer. On a désormais accès à des prestations bancaires à distance», fait-il valoir. Toutefois, d’autres conditions d’assurance semblent de mise, en l’occurrence la sécurité des transactions financières, l’anti-blanchiment d’argent, l’organisation du commerce parallèle, la lutte contre le financement du terrorisme, l’intégration de l’informel. Il y aura encore du pain sur la planche. Et là, le contrôle de l’Etat doit suivre son effet. Mais, peut-on ainsi  relancer une telle complémentarité économique bancaire dans un marché maghrébin jusque-là sous-exploité? Car l’UMA, créée il y a maintenant une trentaine d’années, est jugée encore figée, sans bases structurées. L’espace maghrébin a, plus que jamais, besoin de lui insuffler du sang neuf.

L’article Banques maghrébines:  L’union dans la digitalisation est apparu en premier sur La Presse de Tunisie.


lien sur site officiel

Source :

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page