Culture

«Asymétrie», nouvel album de Slim Abida: «De la musique avant toute chose, Et pour cela préférer l’impair»

Du ton personnel et intimiste de son premier album, né de la nécessité et de l’envie du compositeur de parler des fréquences de la vie et des choses qui restent enfouies en nous-mêmes, l’artiste élargit le ton, dans son nouvel album, pour toucher au collectif, nous invitant à sortir de la cadence binaire de nos vies.

Après son premier album «Fréquences basses» sorti en novembre 2020, un projet en solo autour de la basse, son instrument fétiche, Slim Abida nous revient avec un nouvel album baptisé «Asymétrie», dont il a signé la sortie officielle lors d’un concert parisien.

Slim Abida est un artiste confirmé de la jeune scène musicale tunisienne. Né le 29 mars 1980, il a fait ses débuts, en tant que bassiste, à l’âge de 15 ans au sein d’un groupe de métal extrême (Ghorthole). En octobre 2001, il quitte le groupe pour monter, une année après, son propre projet (Melmoth) toujours dans le même style (Black-death).

Comme tant d’autres musiciens à leurs débuts, Slim s’essaye à différents styles de musique, comme le jazz, le funk et la fusion. En 2005, il participe au lancement d’un nouveau projet musical, Gultrah Sound System, une fusion de gnawi, dub et reggae qui évoluera au départ sur la scène underground tunisienne pour s’ouvrir à un plus large public après le soulèvement du 14 janvier et devenir l’un des groupes les plus appréciés, multipliant les apparitions sur scène un peu partout en Tunisie.

En 2008, notre virtuose entame une carrière en solo (Basse projet). Avec sa guitare basse, son instrument de prédilection qu’il saura sublimer et valoriser en l’affranchissant du simple rôle d’accompagnement rythmique, il distillera une musique partant du jazz principalement pour aller vers la fusion. De ce projet naîtra, la même année, le groupe Jazz Oil. Nidhal Jaoua intègre le groupe avec son qanoun, les deux artistes écrivent un nouveau chapitre du projet de Jazz Oil. Leur collaboration aboutit à un premier album, «Lamma» le 25 mars 2016.

Slim Abida s’est produit sur des scènes et des festivals nationaux et internationaux majeurs. Aux Journées musicales de Carthage et au Festival Jazz à Tabarka; en France, entre autres, au Sunset/Sunside, Duc des Lombards, Casino de Paris, Studio de l’Ermitage, Jazz sur scène et Dauphine Jazz Festival; au Gibraltar Music Festival (Royaume-Uni), Stockholm Kultur festival(Suède), Palais 12 (Belgique), Common Roots Music (Inde), au Festival international Boulevard des Jeunes de Casablanca (Maroc) et au Festival international Lelahel Metal (Algérie).

Du ton personnel et intimiste de son premier album, né de la nécessité et de l’envie du compositeur de parler des fréquences de la vie et des choses qui restent enfouies en nous-mêmes, Slim Abida élargit le ton, dans son nouvel album, pour toucher au collectif, nous invitant à sortir de la cadence binaire de nos vies.

«Asymétie» se propose comme un rempart musical aux turbulences de la vie, pour casser avec cet état sisyphien dans lequel est plongé l’homme contemporain pris dans la spirale infernale des médias et des réseaux sociaux, de l’information à outrance et sans nuances et de la désinfomation qui aspirent nos quotidiens, par une vie professionnelle soumise à l’urgence du chiffre, de la rapidité et de l’impératif du rendement, une vie rythmée aux notes d’une exigence coissante.

«De la musique avant toute chose, Et pour cela préférer l’impair», en s’appuyant sur les mots de Paul Verlaine, Slim fait l’éloge du non binaire, de l’asymétrique et de l’imprévu…pour casser avec les notes algorithmiques qui rythment nos quotidiens.

Dans ce tempo effréné, «Asymétrie» cherche un souffle par le ternaire et un envol par le jazz fusion, afin de dévoiler une part méconnue de notre personnalité et de notre moi profond. Préférer l’impair sans céder à l’exigence de maîtrise et de créativité. Pour ce projet, l’artiste s’est fait entourer des talentueux musiciens qui explorent des sonorités d’origines occidentales et africaines : Edison Knight au clavier, Lounis Mahrouche à la batterie, Roman Didier (trompette et bugle) et Lounis Chevé-Mezler (saxophone et flûte).

Unissant leurs talents pour donner lieu à un succulent album aux sonorités hétéroclites composé de 7 tracks : «Butterfly», un titre jazz moderne où les envolées du saxophone soprano et le jeu délicat du piano traduisent le voyage du papillon; «Confusion», un titre de latin jazz qui nous plonge dans un premier lieu dans état d’urgence et de recherche de repère pour ensuite adoucir le tout avec des tons optimistes; «In «Media(s) Res», un morceau jazz hip-hop où Slim Abida dénonce les mirages engendrés par les médias et les réseaux sociaux; «The Circle» qui, en jouant sur la répétitivité mélodique d’un jazz-funk moderne, tente de nous faire sortir du cercle infernal du quotidien; «Father», où le compositeur rend hommage à son père; «Digital Dummy Factory (DDF)», qui questionne le numérique et un dernier titre qui porte le nom de l’album «Asymétrie».

Un régal pour l’ouïe, le cœur et l’esprit qui se laisse facilement écouter et qui parvient à tenir cette promesse d’évasion, mieux encore : d’eargasm!

Bon vent!

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