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Affaire de la sextape : comment les juges ont justifié la condamnation de Karim Benzema


Karim Benzema, le 24 novembre. SERGEI GRITS / AP

C’est depuis la Moldavie que Karim Benzema a pris connaissance, mercredi 24 novembre, du jugement du tribunal correctionnel de Versailles : il disputait le soir même, avec son club du Real Madrid, un match de Ligue des champions contre le Sheriff Tiraspol.

« Il est totalement concentré sur son travail, il l’a très bien fait, je l’ai vu très calme avant le match, et très bien pendant », a déclaré à l’issue du match l’entraîneur du club espagnol, Carlo Ancelotti, à propos de son attaquant, auteur du troisième but de son équipe. « Rester concentré sur ce que j’aime le plus ». Karim Benzema, lui, s’est contenté d’une petite phrase sur son compte Twitter après la partie.

Dans la matinée, l’attaquant vedette de l’équipe de France avait été reconnu coupable de « complicité de tentative de chantage » sur son ex-partenaire chez les Bleus, Mathieu Valbuena, et condamné à un an de prison avec sursis et à 75 000 euros d’amende, dans l’affaire de la sextape. Si la synthèse du jugement lue lors de l’audience par le président Christophe Morgan a résonné comme une charge sévère contre Karim Benzema, qui a fait immédiatement appel, le détail des attendus,que Le Monde a consultés, l’est encore plus.

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« Il est établi par la procédure et les débats que M. Benzema, pour répondre à la sollicitation de son ami Karim Zenati, et informé des manoeuvres de chantage dont faisait l’objet son coéquipier Mathieu Valbuena, restées sans succès, a accepté de prêter son concours à ces manoeuvres afin de convaincre son coéquipier de céder au chantage et de payer une somme d’argent », peut-on lire dans ce document de 72 pages.

Les juges, qui sont allés au-delà des réquisitions du parquet, reviennent notamment sur la soirée du 6 octobre 2015, lors de laquelle Karim Benzema a eu un entretien privé, au quartier général des Bleus à Clairefontaine (Yvelines), avec M. Valbuena afin d’évoquer avec lui la vidéo intime, qui avait été subtilisée par deux maîtres chanteurs marseillais, Axel Angot et Mustapha Zouaoui.

«  Il est établi (…) que M. Benzema, lors de la demi-heure d’entretien dans sa chambre qu’il avait demandé à son coéquipier, a tenté de persuader celui-ci de se soumettre au chantage et de se mettre en rapport exclusif avec son ami M. Zenati en vue de régler une somme d’argent, en écartant tout autre intermédiaire et la police. » Selon le tribunal, M. Benzema « a strictement appliqué les directives de M. Zenati. »

Concernant Karim Zenati, ami d’enfance de Karim Benzema et condamné à quinze mois de prison, les juges estiment que celui-ci était « parfaitement conscient du chantage auquel il allait participer au détriment d’un joueur de l’équipe de France » et « a entraîné sans hésitation dans ces manoeuvres son ami Karim Benzema qui paraissait être le mieux à même de pouvoir convaincre M. Valbuena de céder au chantage et de remettre de l’argent. »

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