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Abir Moussi : L’affaire Bhiri n’est que de la poudre aux yeux


 

La présidente du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi, a déclaré, mercredi 5 janvier 2022, que l’arrestation de l’ancien ministre de la Justice et dirigeant nahdhaoui, Noureddine Bhiri, dans le cadre d’une affaire d’octroi illégal de passeports et de certificats de nationalité n’était que de la poudre aux yeux.

Invitée de Myriam Belkhadhi dans la Matinale de Shems FM, elle a affirmé que l’Etat devrait afficher une volonté manifeste et sans équivoque de lutte contre le terrorisme en usant de moyens légaux pour démanteler la pieuvre des Frères musulmans, responsables de la prolifération du terrorisme en Tunisie.

Elle a indiqué, dans ce sens, que le président de la République aurait pu faire valoir ses prérogatives en tant que président du Conseil national de sécurité au lieu de tisser des scénarii trompe l’œil donnant ainsi, l’occasion, à des personnes – comme Noureddine Bhiri – d’endosser l’habit de la victime et transformer une affaire de sécurité nationale en une affaire de droits de l’homme.

 

Vendredi 31 décembre, le dirigeant nahdhaoui – suspecté d’être impliqué dans l’affaire des passeports, à caractère terroriste – a été arrêté et placé en résidence surveillée ailleurs qu’à son domicile conformément aux dispositions du décret du 26 janvier 1978, jugé anticonstitutionnel par la scène politique tunisienne et militants des droits de l’homme. Ce décret a, rappelons-le, été émis par l’ancien président de la République, Habib Bourguiba, pour réprimer les syndicalistes lors de la grève générale de 1978.

Son arrestation a été qualifiée de « kidnapping ». Un sit-in de soutien a, d’ailleurs, été organisé à la Maison de l’avocat par des proches de Noureddine Bhiri et ses collègues avocats. Son comité de défense a même saisi le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) pour déposer une plainte contre le président de la République, Kaïs Saïed, et son ministre de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine, pour « disparition forcée » et « enlèvement ».  

 

 

La présidente du PDL a avancé que, pour lutter contre le terrorisme, l’Etat aurait dû commencer par des mesures préventives, notamment faire tarir les sources de financements étrangers douteux et fermer les locaux des associations suspectes et organisations « terroristes », telles que l’antenne tunisienne de l’Union internationale des Oulémas musulmans où les membres du PDL sont en sit-in ouvert. Ceux-ci revendiquent l’application de la décision de la Direction générale des associations à la présidence du gouvernement qui avait adressé un avertissement officiel à l’Union des Oulémas musulmans en Tunisie sur la base d’une série d’infractions, concernant, le premier et le deuxième article de la Constitution, les articles 3, 4 et 9 du décret des associations ainsi que des lois relatives au système éducatif.

 

Revenant sur la consultation populaire du président de la République qui devait être lancée au 1er janvier 2022 et a, finalement, été reportée au 15 du mois courant, Abir Moussi a réitéré ses accusations contre le projet de Kaïs Saïed expliquant que cette opération lui servira de carte électorale et d’outil pour faire passer des textes de loi sur mesure.

A la grande surprise des Tunisiens, samedi 1er janvier 2022, la plateforme dédiée à la consultation populaire interdisait tout accès aux citoyens et affichait un message expliquant que des opérations blanches étaient en cours dans les maisons de jeunes dans les 24 gouvernorats de la Tunisie jusqu’au 15 janvier, date à laquelle sera lancée la consultation.

L’absence de communication officielle à ce sujet a, d’ailleurs, provoqué l’ire de plusieurs parties, notamment Abir Moussi. La politicienne a réaffirmé, lors de son passage sur Shems FM, son rejet total à cette consultation tant sur la forme que sur le contenu. Dans la soirée de samedi, elle avait dénoncé une éventuelle manipulation des résultats de par l’absence d’une entité d’observation et de contrôle des opérations qualifiant la consultation nationale de « la plus grande violation de la loi, la plus grande violation du principe de transparence ».

 

N.J. 


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